France. Présidence de la République. Un homme agit. Disons plutôt : un homme s'agite et s'étale. Les français, perspicaces, ont vite senti qu'il fallait se méfier de cette mécanique aléatoire. Des balbutiements bling bling aux efforts de pédagogie anti-crise, le style n'a pas fait l'homme, il a détruit rapidement la confiance que d'aucuns misaient sur lui. Si bien que les sondages, bien avant les inquiétudes actuelles sur la récession, ont instauré la rupture entre Sarkozy et la nation. J'ai scrupuleusement noté les chiffres qui permettent de juger de l'action au quotidien du chef de l'état. Je dispose de 44 sondages (BVA, CSA, IFOP, IPSOS, LH2, OPINIONWAY, TNS) qui illustreraient facilement, grâce à une courbe, la rapidité et l'ampleur de ce désaveu. Je ne veux pas vous affliger cette courbe. Résumons cependant :

  • en 21 mois, Sarkozy a vu sa courbe totalement inversée : 65 % d'op. favorables au moment de son élection, aujourd'hui : 62 à 66% d'op. défavorables sanctionnent son action.
  • depuis le 10 janvier 2008, les chiffres de la défiance sont plus importants que les chiffres de la confiance. A aucun moment le chef de l'état n'est revenu au score "acceptable" de 50% d'op. favorables.
  • malgré quelques tentatives des médias pour faire croire que des remontées existaient, il s'avère, et cela depuis janvier 2008, que 2/3 des français rejettent la politique menée.
  • les études montrent que la catégorie "sans opinion" (souvent à 1% ou moins) ne permet pas de relativiser l'opinion des français. Deux blocs disproportionnés existent.
  • enfin, il en est des sondages de popularité comme des humeurs du matin, on s'exprime souvent sous le coup d'une annonce ou d'un jeu de sensibilité. En 21 mois, l'enquête qui fut la plus sérieuse, a écarté cet aspect sensible pour se focaliser sur l'impact de la politique menée. Ce sondage IFOP est ancien (avril 2008) et échappe donc à la spirale des discours pessimistes sur la crise actuelle (cette spirale a débuté fin août). Or cette enquête était bizarrement la plus alarmante. Elle situait à 21% la confiance et à 79% la défiance. Pour lire l'intégralité de ce sondage, voir le lien en fin de billet.


nicol34


Que doit-on en dire aujourd'hui? Que le volontarisme incarné, le discours des ruptures, l'ouverture politique, les médiatisations redondantes et l'absence de hiérarchisation des dossiers ne rendent pas optimistes nos concitoyens.  Certes. Ils ne cessent de se demander : sait-il où il va? sait-il ce qu'il dit? mesure-t-il les conséquences? pense-t-il aux français?

Vastes questions. Je ne suis pas naïve au point de croire que la démocratie d'opinion a toute sa raison. Mais elle oriente la lecture qu'on peut avoir aujourd'hui de l'impuissance de ce pouvoir qu'on nous disait combattif. Encore faudrait-il bien combattre...


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source de l'enquête IFOP d'avril 2008 :
http://www.lejdd.fr/sondages/sondage-ifop-jdd-18-avril-2008.pdf

insolite_218 Julie

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