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La Politique, les Gays et les énervements salutaires de Julie : plus elle grogne, plus il faut rire...

22 décembre 2008

COURS DE MEDIOLOGIE, PAR JULIE

L'ennui du trop plein et le désir du vide (fable)

Êtes-vous comme moi .? Déchiré(e) ? Moi, je le suis souvent. Presque une déchirée pur beurre. (1). Une fille qui met ses membres un peu partout. Qui se disperse et qui se retrouve peu.

Ainsi (c'est le début de cette fable en images), Julie a-t-elle le désir de connaître les vraies valeurs de l'ennui profond, celui qui rehausse l'existence, celui qui vous met en face de la condition humaine. On cherche alors - oui, finalement c'est ce que Julie cherche - l'instant où la rareté aride rencontre la beauté. Cela donne ça : une aridité si verte qu'on s'y perd. Méditation, Culture, Sensibilité malade. Un espoir d'être dedans pour être à l'unisson.

coimbra

Et puis bientôt cela ne va plus, on dit merde à l'isolement, aux profondeurs, aux arbres si verts qu'on les dirait traités par une écologie sous cellophane, on dit merde à l'ennui qui avait vocation de vous grandir. On cherche le mouvement, la lumière, le bruit, le hasard, le refus des répétitions, on a envie de se perdre parce qu'il est bon de se perdre. Fureur. La ville est un cataclysme vociférant, on aime ça, je suis un cataclysme vociférant, pense la petite Julie enrubannée de modernité. Et cela donne ça : un espace qui, immense, a contraint son immensité. Diversité et soif d'agir. Cubes de blocs et blocs de cubes.


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Et puis, quel que soit l'univers que l'on habite, vert pâturage ou mégalopole et son bistrot criard "Chez Popaul", on peut ne jamais cesser de penser à sa petite personne. Certains goûtent les plaisirs enfumés de se détruire, de brûler la vie par les bouts de tous les bouts, de faire de ce corps qui vous trimballe une enveloppe tout juste osseuse, dure comme une tirelire. Une tirelire qui clope, qui boit, qui s'évanouit, qui s'arrondit comme cochon de la ferme, surtout si ce cochon appartient au rêve de la Perrette de La Fontaine : vieillir, engraisser, cloper, boire, vieillir. Et cela donne ça. Regard vitreux et jolie teinte rose artificielle. Rose cellophane.


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Quelle image!  se dit Julie. il faut réagir, lutter, devenir grande, affirmer sa vertu, devenir mieux : une dame. Alors la dame s'habille, elle se ruine en déshabillés de satin, en robes de lamé, en dentelles de charme. Jusqu'à ce qu'un vieux fou tombe amoureux de ces attraits sans âge et fort joliment présentés: Julie devient une courtisane, emprisonnée dans sa beauté, dans les artifices d'une cambrure de reins qui peut facilement épouser l'escalier. Il ne s'agit plus d'épousseter les cendres d'une âme viciée par la débauche et le tabac, il s'agit désormais de figurer cette âme qui succombe dans les bras d'un nabab aseptisé. Cela donne ça, c'est grotesque, oh oui, c'est grotesque :


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Sauvée par le stéthoscope expert du médecin, la Julie qui se pamait, décida de quitter le nabab, pourtant priopriétaire d'un bel escalier. Seule, sans autre préoccupation que celle de se donner au remuement du monde, Julie se passionna pour les actes citoyens, les délires politiques, les spectacles médiatiques. Oh, l'heureuse ménagère de moins de cinquante ans (elle avait vieilli) qui était fascinée par les parts de marché. Moderne, éperdument moderne, elle croyait qu'Ardisson, Ruquier, mais surtout Claire Chazal et Laurence Ferrari étaient les Dieux et les Déesses d'une extase inconnue. Fascinée et très niaise, Julie gobait le monde par l'aveuglement de ses yeux. Cela donnait à peu près ça. Voyez donc :


fasc

Ah qu'il fut bon de jouer à être heureuse par l'agitation de tous ces cons ! La télé, internet, la radio, la rumeur, le journal, la télé, l'internet, et la répétition d'un monde sans force, sans espoir, sans subtilité,ah comme il fut bon d'être con à l'unisson. Julie aima cela. Fascination. Ecran qui bouge. Lecture partielle. Plaisir de l'instant. Marchandisation de ma jouissance. Jouissance du marché. Circulez, y'a toujours kekchose à voir ! Puis Julie se lassa. Elle vieillissait beaucoup, faut croire. Devenait sage. Elle remisa ses écrans, cracha sur DailyMotion,  devint peut-être plus moche, mais peut-être moins victime de cette information au jour le jour qui alimente les appauvrissements humains. Et cela donna ça : un dépôt qui s'impose, une fin de non-recevoir, un sous-sol plein de cartons, de vieilleries :

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Triste déconvenue des croyances enfantines : isolement puis bruit du monde, destruction puis don de soi, communication intempestive puis délaissement des images et des écrans. Tout aboutit à son contraire et Julie se sent paumée. D'autant qu'y a pas de morale à l'histoire... Ou c'est à toi lecteur de la trouver...


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(1) le beurre d'Echirée, bien sûr... Vous n'êtes pas amateur?

insolite_218 Julie

Google, au bolot : fable - modernité et solitude - communication - télévision - internet - tabac - marchandisation - La Fontaine

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28 décembre 2007

LA BELLE DE AUCHAN

(fable)

Elle avait l"habitude de traîner au rayon surgelés de Monoprix. Là, on voyait des grand-mères soignées se grandir pour atteindre, la porte froide entrouverte, un petit paquet de haricots beurre, une tourte aux champignons, la boîte de persil Darégal, un vrai régal. On voyait des hordes d'étudiants voter des AG culinaires pour choisir une pizza. On voyait des catogans-jupes écossaises scruter les dates de péremption, lunettes aux naseaux. Elle imaginait la succulence des repas, le soir, entre amis, entre potes ou dans la chaleur délicieuse du bénédicité familial. Elle grattait les poches de son pardessus (quelques pièces y tintaient) et c'était une musique qui donnait faim.
Allez, faut pas rester là Mâme Denise, disait le gentil gérant du Monoprix. C'est pas l'endroit le plus chaud du magasin ! Encore un peu, suppliait Madame Denise, je n'ai pas encore vu passer la si jolie jeune fille de l'autre jour.
Madame Denise, mendigote et lesbienne, espérait, dans ses vêtements puants, passer une bonne nuit, dans son froid coutumier en rêvant de la belle brune qui lui plaisait. Elle espérait. Mais la belle brune faisait méchamment ses courses à Auchan...

insolite_218 Julie

Google, au boulot : les fables de Julie - Denise, mendigote et lesbienne

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13 décembre 2007

GRAVURE DE MODE

Julie est une fille plutôt gentille. Certes, de temps en temps, elle gronde et semble mauvaise, mais tout passe assez vite. Elle est gentille. Affable. Elle se raconte même des histoires joyeuses, des petites moralités légendaires pour rire. Tiens, elle a même envie de créer une nouvelle rubrique sur ce blog. Juste pour faire exister ces histoires joyeuses, ces bouffonneries sociales, ces promenades dans le bois où se cache la bruyère. Voici donc la première de ces bêtises morales.

GRAVURE DE MODE

Charles-Edouard, 24 ans, mince, presque osseux, a de la vie une vision ancrée dans un pragmatisme à la mode. Il se pique de réussir. Il a ouvert une boutique, et pour réussir, pour donner corps à son entrée dans le monde, Charles-Edouard a changé de prénom.
Son enseigne annonce en lettres gothiques : Jacky Tatoo - Tatouages - Peercing.
Il est Jacky désormais. Il a trahi.

insolite_218 Julie

Google, au boulot : Les fables de Julie - Changer de prénom pour réussir - Mister Charles-Edouard et Docteur Jacky

Posté par Amen Philippe à 18:44 - la morale de l'affable - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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